Documentary

Palestine ch. 2: Al Zababdeh Organic Model Farm

Al Zababdeh

Palestine, State of.

En 2016,  je retourne en Israël/Palestine avec l’écrivain Sébastien Louis pour poursuivre notre travail pour les enquêtes/collectes Football et Identités du Mucem de Marseille. Pendant notre passage en Palestine, à Jenin,  nous avons l’occasion de croiser Layth Sbaihat, un chercheur du centre CORE (Canaan Center for Organic Research & Extension) spécialisé en agriculture biologique. Son entretien avec Sébastien Louis nous ouvre un nouvelle vue, après la passion du football, sur la complexité de la vie dans les dans les territoires occupés. C’est l’occasion pour une visite d’Al Zababdeh Organic Model Farm, une projet de cultivation biologique financée par le Japon. Dans les campagnes de Zababdeh, village chrétien à quelque kilomètres de Jenin, nous trouvons le jeune A. qui alterne son récit de la gestion de l’eau et de la difficulté de cultiver la terre au travail dans les champs. Il nous parle de près et nous l’observons de loin faire les gestes universels de celui qui fait pousser depuis la terre. La ferme a cessé ses activité fin 2017.

Layth Sbaihat raconte : En tant que centre de recherche, nous sommes entre les fermiers et les produits, nous devons augmenter la quantité et la qualité des produits. S’il y a une demande pour une certaine denrée et si les fermiers palestiniens ne peuvent pas la réaliser d’une manière biologique, nous devons les y aider. (…) Une grande partie de l’économie palestinienne dépend de l’agriculture. Israël la rend très difficile à cause du mur et des check-points qui limitent l’accès des Palestiniens à leurs terres. Ensuite, des sangliers arrivent des colonies et détruisent les récoltes. Les ravages qu’ils causent affectent la biodiversité. Enfin, l’eau est le troisième problème, car Israël contrôle l’accès aux ressources aquatiques. Les Palestiniens ne disposent pas d’assez d’eau pour irriguer leurs terres car ils ne sont pas autorisés à creuser de puits en Cisjordanie. Nous pouvons utiliser uniquement ceux qui datent d’avant l’occupation de 1967 et qui disposent d’une ancienne autorisation. Certains fermiers creusent tout de même des puits illégaux, mais c’est un grand risque, car cela coûte cher et ils peuvent être détruits. Les Israéliens donnent des autorisations aux municipalitéspour l’eau de consommation courante, mais il n’y en a pas assez pour satisfaire les besoins de la population. Nombre d’agriculteurs palestiniens doivent acheter de l’eau en citerne. (…) Le fleuve Jourdain est quasiment sec, car les Israéliens pompent de l’eau en amont avant qu’ils ne pénètrent en Cisjordanie. La vallée du Jourdain est une zone très fertile, et la première de la Palestine, mais elle est contrôlée à 85% par les Israéliens. Ils occupent des terres palestiniennes et leurs produits sont exportés en Europe, voire dans le monde arabe et même si ce sont des colonies, ces biens sont référencés comme production israélienne, voire palestinienne. L’argent revient aux colons et des fermiers palestiniens, qui possédaient des terres à cet endroit, travaillent désormais pour les colons. (…) L’agriculture biologique palestinienne était à l’origine une production naturelle, sans pesticides. Désormais tout change, avec la modernisation de l’agriculture et la révolution verte, qui d’ailleurs n’est pas verte, nous dépendons de l’extérieur, car nous devons importer les semences, les pesticides. Cela coute très cher et demande beaucoup d’eau. En revenant à des principes biologiques, nous pouvons garantir l’indépendance des agriculteurs. C’est important dans le cas de la Palestine, car le marché est contrôlé par Israël. Le prix est donc plus cher, comme la disponibilité des pesticides. Nous apprenons au fermier à faire du compost, des insecticides sans coût et sans conséquence pour l’environnement. Certains pensent que l’agriculture biologique est destinée aux classes dominantes, mais je pense que nous devons investir davantage dans l’agriculture biologique pour l’améliorer, ainsi elle coûtera moins cher à long terme. (Jenin, 2016)

A. au travail, vu de l’intérieur de la serre.
Un fertilisant naturel préparé à base de produits végétaux.
A. explique la politique de gestion de l’eau de la part des autorités israéliennes dans les territoires occupés en dessinant une carte sur une feuille de papier.
L’intérieur de la grande serre qui est dans l’enceinte des terres de la ferme.
A. quitte la cabane bureau pour arroser les champs avec le fertilisant préparé précédemment.
L’entrée de la cabane à outil qui fait aussi office de bureau. Au lointain on aperçois le village, Zababdeh.
A. fait un dernier tour des champs avant de finir sa journée de travail.
Sous une forte chaleur, vers 12h30, après avoir commencé très tôt, , A. ferme le portail.
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Giovanni Ambrosio

Born in 1978 in Naples and based in Paris. I like the feeling of being a stranger, I like to go beyond thresholds. I hold a master of French and Portuguese literature in Italy and a master of Cinema society and literature in France. In 2010 I started my career as a professional photographer and artist. My personal projects are works based on classic genres of art photography which I use to refer to in latin: effigies, spatium, argumenta, naturae mortae, abstracta. Photography is one of my favorite materials, it is cheap, very easy to work on and, given its electronic nature, it can always be fully reshaped. I also develop a body of works based on a kind of minimalist painting in which gesture, paint, paper are on the same level. Photography eventually steps in to gather all those elements into sedimented mixed media. On the other hand I work on photography, graphic design and communication assignments: I call them studio.

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