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Gérard Rondeau “J’avais posé le monde sur la table”

© Gérard Rondeau

Jacques Derrida. © Gérard Rondeau

Du 6 novembre 2015 au 6 février 2016 au Cellier, 4 bis rue de Mars, Reims. Entrée libre. Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h. More info…

Empruntant le titre de son exposition à René Daumal, l’un des célèbres noms associés au Grand Jeu à Reims dans les années 1920, Gérard Rondeau expose jusqu’au 6 février au Cellier toute une série de portraits et de paysages, œuvres inédites et revisitées, transportant le visiteur dans un univers à la poésie inhérente.

Sur place, l’artiste, photographe et vidéaste, présente quelque 200 clichés, comme autant de témoignages de son travail pendant le siège de Sarajevo mais aussi dans l’Est de la France. Au fil des photos et avec elles, leurs lieux insolites, leurs époques, leurs résonnances, transparaît également le rapport intime du photographe à la Champagne, tout comme son regard unique d’artiste sur la cité des Sacres et sa cathédrale…

Après y avoir passé plusieurs années, Gérard Rondeau reconnaît être « toujours très attaché à Reims. C’est une ville remplie d’inspirations, dans laquelle j’aime toujours me balader. » Au-delà des photos de paysages, l’exposition monographique met à l’honneur certains portraits réalisés par l’artiste au style unique, à la fois poétique et très personnel. De cet exercice si particulier, Gérard Rondeau apprécie surtout « la solennité de la pose. J’ai tendance à être plutôt directif, jusqu’à ce que la personne réussisse enfin à s’abandonner. Chaque portrait est une aventure, une histoire, une rencontre avec des personnes formidables dans tous les lieux du monde. »

Au Cellier, la confrontation des images se fera de manière à la fois géographique et picturale, un Maroc en hommage à Delacroix pouvant ainsi très bien dialoguer avec une chronique rémoise, le tout dans une lecture très personnelle de la ville à travers les jeunes rebelles du Grand Jeu.

Qu’il explore les coulisses des musées, qu’il chronique la vie à Sarajevo durant le siège, qu’il accompagne dans le monde entier les volontaires de Médecins du Monde ou qu’il suive le Tour de France, Gérard Rondeau sait toujours choisir un angle original et nous permet ainsi d’échapper aux stéréotypes des clichés d’information.

Il a réuni en plus de vingt ans, une considérable collection de portraits de peintres et d’écrivains contemporains en s’attachant particulièrement à son ami Paul Rebeyrolle, qu’il a accompagné alors que peu de gens s’intéressaient à son oeuvre.

Ce grand amateur de littérature a su restituer le monde écorché d’Yves Gibeau, en parcourant, dans l’est de la France, les sites des champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, terrain obsessionnel de l’écrivain.

Eclectique, mais toujours précis dans chacun de ses projets, il développe une photographie curieuse, sensible, exigeante et cultivée, à l’opposé de l’idée même d’illustration.


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